Réglementation incendie appliquée aux façades


L’incendie de la Tour Grenfeel à Londres qui a coûté la vie à 79 personnes (71 déclarées mortes après l’incendie, 1 personne après plusieurs mois d’hospitalisation, 7 personnes jamais retrouvées), la question des normes incendie appliquée aux façades n’a jamais été autant d’actualité. La tour Grenfell avait été rénovée un an avant son incendie avec le panneau Reynobond PE, fabriqué en France par la marque états-unienne Arconic. À noter qu’une économie de 7 000 € avait été faite en employant une version entrée de gamme, interdite pour la réalisation d’immeuble de plus de 10 mètres de haut. La Tour Grenfell, avec ses 24 étages mesurait 67 mètres.

Concentrons nous donc maintenant sur les dispositions qui permettent d’éviter ce drame. Le feu peut venir par trois moyens :

  • un rayonnement d’un bâtiment proche du votre (cela a été le cas lors du 11 septembre où des immeubles voisins ont pris feu).
  • une transmission d’un feu d’origine extérieure vers le bâtiment (exemple, le conteneur poubelle en bas de l’immeuble est incendié)
  • une transmission de feu depuis l’intérieur de l’immeuble d’un niveau à l’autre (c’est le cas de la tour Grenfeel)

Le choix des matériaux de construction utilisés en façade est déterminant dans le risque de l’incendie. Une façade en maçonnerie est relativement sûre tandis d’une façade en matériau composite est vulnérable. Dans le cas d’un mur-rideau, le choix de la colle peut être déterminant. De manière générale, pour des façades avec des éléments attachés ou agrafés, le choix des fixations sera regardé avec attention afin de protéger un danger collatéral de l’incendie, la chute d’éléments de façade. De plus, les percements (fenêtres, baies) jouent un rôle important dans le développement d’un incendie.

L’instruction technique 249 (IT249)

L’instruction technique 249 est une prescription réglementaire complémentaire dans la prévention du risque d’incendie. Cette instruction définit par catégorie d’ouvrages, les dispositions constructives types évitant de procéder à des vérifications expérimentales ou à des essais en laboratoire. Nous y ferons régulièrement référence lors de nos guides sur les façades. Ce document concerne tous les types d’ouvrages (habitation, IGH, ERP).

Les missions de l’IT249 sont :

  • préciser les conditions d’application des exigences réglementaires
  • définir les dispositions à mettre en oeuvre pour les systèmes ne nécessitant pas le test Lépir2 au niveau des jonctions avec les planchers.
  • définir les règles pour éviter la propagation du feu ou des gaz chauds d’un étage à l’autre, avec ou sans l’application de la règle C+D.

Cette instruction technique va notamment donner les valeurs C+D selon le cas où vous êtes.

La règle du C+D

La règle du C+D s’applique aux bâtiments d’habitation, d’ERP et d’IGH, son objectif est de définir les règles afin d’éviter la propagation verticale du feu. Ses valeurs sont définies par l’arrêté du 10 septembre 1970 et l’Instruction Technique 249.

Définition de la valeur C :

C’est la distance verticale entre le haut d’une baie et le bas de la baie qui lui est superposée. Dans le cas particulier d’une façade en panneaux préfabriqués, cette valeur est déterminée par l’essai décrit par l’arrêté du 10 septembre 1970.

Définition de la valeur D :

C’est la distance horizontale entre le plan du vitrage et le nu de l’obstacle résistant au feu faisant saillie (balcon, auvent, avancée…). remarquez que cette valeur n’est à prendre en compte seulement lorsqu’elle est supérieure à 15 cm.

Définition de la masse combustible M :

C’est la masse combustible réglementaire par mètre carré de façade. Sont exclues de cette valeure, les menuiseries, les fermetures et les garde-corps. Si les matériaux de façades sont combustibles, ce facteur est alors pondéré.

Définition de la règle C+D :

Le total de la valeur C + D définie  la valeur minimale, elle est corrélé à la masse combustible M de la façade. Ses valeurs sont bien souvent définie dans les brochures des fabricants de matériaux de façade. Vous pouvez télécharger leurs brochures directement sur Kiiwan en recherchant la page du fabricant concerné.

Vous trouverez un schéma qui illustre cette règle du C+D :

Cas particulier : les façades vitrées

La classification des façades vitrées au sujet des risques d’incendie est déterminée par l’arrêté du 10 septembre 1970. Les essais sont réalisés dans les conditions réel avec la mise en oeuvre selon les règles de l’art de deux niveaux (Lepir2). Cet essai permet de déterminer la distance verticale minimale entre les parties non détruites de part et d’autre du plancher, autrement dit la lettre C (de la règle C + D). À la fin de l’essai, si un départ de feu dans l’amorce du troisième niveau est constaté, alors l’élément ne sera pas classé, de même, si le parement extérieur s’enflamme.