Que faut-il savoir de la performance énergétique actuelle des bâtiments ?

Fin décembre, un groupe d’entreprises et de syndicats ont rendu un rapport sur la performance énergétique des bâtiments. L’enjeu de celui-ci est de souligner les failles de la réglementation thermique actuelle, la RT 2012 en soulignant les différences entre la réalité constaté sur le terrain et les calculs théoriques.

Le groupement qui a mené l’étude est constitué du pôle Alearisque, du groupement Mur Manteau, du Syndicat National des Bardages et Vêtures Isolées (SNBVI), du pôle Fibres-Energivie, des fabricants Étanco et Schoeck France, des bureaux d’études Medieco, Pouget Consultants.

Dans les grandes lignes, le rapport insiste sur les conséquences en termes de santé (pollution de l’air intérieur) et économique (facture de chauffage, coût de rénovation) que peut inclure une mauvaise enveloppe du bâtiment. Il met en avant des solutions pour améliore la qualité des constructions comme une utilisation plus poussée du BIM, la mise en place d’un recouvrement ou encore un nouveau système de calcul pour la future réglementation thermique qui permettrait de réduire les ponts thermiques.

Vous pouvez télécharger le libre blanc de 36 pages à cette adresse. Voici un résumé de celui-ci.

Une enveloppe de bâtiment performante, ça rapporte de l’argent !

Réalisée en 2016 par les Notaires de France, cette étude met en lumière l’impact significatif de la performance énergétique des bâtiments sur leurs valeurs immobilières. Il est intéressant de noter que si les travaux de rénovation peuvent être important pour une isolation thermique par l’extérieur par exemple. Le différentiel entre le cout du chantier de rénovation et la hausse de la valeur immobilière est positif. En d’autres termes, vous gagnerez de l’argent en vendant un bien rénové que le vendre à l’état actuel et laissé le nouveau propriétaire faire ses travaux de rénovation.

Source : https://www.quelleenergie.fr/magazine/economies-energie/decote-prix-logements-plus-energivores-58529/

Traiter les ponts thermiques permet de diviser par deux les déperditions d’un bâtiment

En entreprise, il y a une règle d’or. Pour commencer à gagner de l’argent, il faut commencer par ne pas en perdre. C’est ainsi que dans les discours politiques, la solution de réduire la dépense publique est souvent évoquée pour réduire les impôts.

Pour un bâtiment, c’est la même chose. Pour commencer à diminuer ses besoins en énergie, il faut commencer par ne pas perdre celle que l’on a à l’intérieur. De plus, si changer un radiateur ou un ballon d’eau chaude est facile, changer l’isolant d’un mur est bien plus compliqué et surtout couteux. L’enjeu est donc d’investir dans des isolants qui tiennent longtemps comme l’isolation en verre cellulaire au lieu de la laine de verre.

Le second levier est bien sûr les équipements où l’enjeu est d’optimiser le rendement de ces derniers, de bien dimensionner ces équipements. Remarquez qu’avec une enveloppe de bâtiment performante, on réduit par suite les équipements

On ne peut pas toujours faire du neuf avec du vieux !

Lorsque vous avez une passoire thermique, vous pouvez la soigner avec une rénovation par ITE. Cependant, de nombreux ouvrages comme les balcons seront difficilement guérissable de leur insuffisance énergétique ! Il est donc vital de construire bien dès la construction neuve.

À savoir, 46% des couts d’une construction neuve se font après la phase de la construction. Pour rappel, voici les principaux postes de dépenses pour un projet de construction neuve :

  • 11% pour la charge foncière
  • 28% pour le coût de construction
  • 15% pour le coût du financement
  • 12% pour le cout de maintenance
  • 34% pour le cout d’utilisation

Les ponts thermiques dégradent la qualité de l’air intérieur

Lorsque la vapeur d’eau contenu dans l’air entre en contact avec une paroi froide peut entrainer une condensation, ce qui a force va développer des moisissures. Il est important de savoir que les moisissures sont nocives pour la sante de l’homme, elles développent la rhinite, la bronchite allergique, l’asthme et nombres d’allergies. Bien que cette étude commence à dater, puisqu’elle a été faîte entre 2003 et 2005 par l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, 37% des logements en France présentent des moisissures.

Le cout socio-économique des polluants de l’air intérieurs serait d’environ 19 Millards d’euros par an.

La méthode de calcul des déperditions calorifiques de base est à revoir.

Aujourd’hui, on dimensionne en éditionnant chaque zone, ensuite, par mesure de sécurité, on ajoute 20% sur la puissance de la génération. Le résultat, c’est que la majorité des équipements de production fonctionnent à charge très partielle, voit même en dessous de leur seuil minimum !

Pour résoudre ce problème, le groupe d’étude propose de valoriser la dimension dynamique dans les calculs de dimensionnement des équipements de génie climatique.

Être plus vigilant sur les désordres du bâtiment

Les pathologies du bâtiment ne cessent de s’accroitre. Parmi les facteurs qui en sont à l’origine, on peut notamment citer le soin du chantier. Les auteurs de l’étude expliquent notamment qu’il n’est pas rare de voir des isolants prendre l’eau sur les chantiers avant d’être mis en œuvre. Ensuite, du point de vue théorique, les calculs ne valorisent pas assez le soin de la construction.

L’étude sur l’enveloppe du bâtiment préconise de mieux analyser les désordres, les pathologies et les surconsommations sur les bâtiments en exploitation afin de faire évoluer les pratiques .

On ne peut pas se contenter d’une moyenne pour l’isolation !

La méthodologie de calcul pour la performance thermique selon la RT 2012, avec le coefficient B_bio, tolère qu’un logement ait une pièce mal isolée. En effet, la méthode de calcul est de faire une moyenne de tout le logement. Or, cette méthodologie de calcul favorise le fait d’avoir des ponts thermiques ou des endroits peu performants du moment ou une partie du bâtiment est performante ! C’est ce qu’illustre le dessin ci-dessous.

Les auteurs de l’étude préconisent de réintégrer un coefficient de type U_Bat présent dans la RT 2005, pour garantir une isolation plus homogène dans le bâti.

Mettre en place le commissionnement pour accroitre la qualité des bâtiments

Le commissionnement permet de définir un cadre afin de comprendre les erreurs possibles et de mettre en cohérence les actions pour les traiter. Il s’agit d’un processus de qualité qui va de l’étude à l’exploitation d’un bâtiment.

Les auteurs de l’étude préconise un outil de commissionnement comme cela a été fait en Allemagne. Cet outil est également bénéfique sur le plan économique car il réduit le risque de sinistralité et les surcouts qui en résultent.

Étendre la maquette numérique sur les chantiers.

Le BIM, on en entend beaucoup parler, il résume la transformation numérique du bâtiment. Toutefois, dans la pratique, s’il commence à être introduis en phase de conception, il n’est pas toujours poursuivi dans la phase chantier. Le pôle fibres Energivie recommande de tracer les différents éléments d’ouvrages sur les chantiers grâce notamment au marquage RFID afin d’assurer un suivi de qualité des constructions. De plus, ce suivi pourrait permettre de remonter des données qualitatives utiles pour tous.

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